
Christina Koch,juste avant son départ vers la lune (CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)
Il est 6 heures du matin,Christina Koch est encore au lit quand elle est réveillée par la sonnerie de son téléphone. Nous sommes alors en 2013,elle a 34 ans et vit dans un endroit bien reculé,comme elle les aime : une île de l’archipel des Samoa,en plein Pacifique Sud.
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Elle travaille pour l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique et elle a postulé pour rejoindre le programme de formation des astronautes de la NASA. Et justement,en ce jour de printemps 2013,à l’aube,c’est la NASA au bout du fil.
Car c’est son rêve qui se réalise. La fameuse photo prise en 1968,lors de la mission Apollo 8 vers la Lune,c’est le poster qu'avait Christina Koch dans sa chambre d'enfant.


La photo de la Terre prise par Apollo 8 (NASA)
Depuis toujours,elle est fascinée par l’espace et par les grands espaces. Elle a grandi dans une petite ville de l’État de Caroline du Nord,sur la côte Est des États-Unis. Comme elle s’en souvient dans le podcast "Curious Universe",elle est tout le temps dehors.
Et puis Christina Koch aime les sciences et les outils. Alors elle devient ingénieure en génie électrique. En 2002,c’est à la NASA qu’elle débute sa carrière. Elle développe des instruments pour plusieurs missions spatiales - un "job de rêve",elle le reconnaît - mais elle aime trop l’aventure. Deux ans plus tard,la voilà en Antarctique.
L’ingénieure d’élite,fan d’escalade,se souvient quand elle montait des fers à souder en haut de grandes tours métalliques,à moins de -40 degrés. Ensuite c’est le Groenland,l’Alaska,les Samoa,après un détour par l’Afrique.
C’est ce qu’elle fait en 2019,année où,devenue astronaute,Christina Koch marque doublement l’histoire. D’abord,elle passe 328 jours sur la Station Spatiale Internationale (ISS),c’est sans précédent pour une femme. Et,le 18 octobre,elle sort de la station avec non pas avec un,mais une collègue,Jessica Meir,c’est la première sortie dans l’espace 100% féminine. Elles doivent remplacer un système de recharge des batteries,la mission dure plus de sept heures.
Elles n’ont pas l’air nerveuses. "Merci mais on n’a pas envie de s’attribuer trop de crédit,répond Jessica Meir. Plein de femmes sont sorties dans l’espace avant nous,c’est juste que pour la première fois,il y a deux femmes en même temps (...). En fait,on fait juste notre travail."
Christina Koch,elle,reste concentrée sur sa tâche. Elle flotte dans le vide en combinaison,avec au loin,derrière la visière de son casque : la Terre. L’astronaute explique qu’il y a une chose qui l’a encouragée depuis toute petite : jamais on ne lui a dit que son rêve était fou,jamais on ne lui a dit qu’elle n’y arriverait pas.
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