
Photo d'illustration d'un laboratoire du CNRS. (THOMAS TOUSSAINT / MAXPPP)
Le docteur Rachna Shroff raconte : quand elle a découvert les résultats de cette étude,elle en a pleuré. Elle soigne depuis une dizaine d’années des patients atteints de cancer du pancréas en Arizona. Un cancer en progression constante,avec 16 000 nouveaux cas par an en France,et 13 000 morts,et contre lequel on avait jusqu’à présent peu de traitements disponibles,et encore moins de traitements efficaces.
À lire aussi
"C'est une révolution" : pourquoi le daraxonrasib,un nouveau traitement contre le cancer du pancréas,suscite de grands espoirs
Au Congrès annuel du cancer de Chicago,qui fait référence,un nouveau médicament contre le cancer du pancréas a fait sensation. Il s’appelle le daraxonrasib. Il bloque une protéine,celle qui est le moteur de 90% des cancers du pancréas.
"Les patients qui ont pris le daraxonrasib ont survécu plus de 13 mois et ceux qui n’en ont pas pris,un peu plus de 6 mois",résume à la tribune le docteur Brian Wolpin,qui a dirigé cette étude,soit une survie doublée chez les patients métastasés. Ce sont des résultats jamais vus dans le cancer du pancréas.


Lise Huchet,patiente bénéficiant du nouveau traitement contre le cancer du pancréas (SOLENNE LE HEN / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)
"On a ouvert une porte,résume le cancérologue Fabrice André,directeur de la recherche de l'Institut Gustave-Roussy,qui précise que le traitement a pu allongé la durée de survie chez la moitié des patients seulement. Maintenant,il va falloir optimiser et maximiser l'effet de ce médicament."
Le traitement ne fonctionne donc pas chez tous les patients et ne permet pas de guérir de ce cancer très agressif. "L'enjeu majeur de ce médicament est de le donner plus précocement dans la maladie",poursuit Fabrice André. Et notamment le donner avant la chimiothérapie. Le temps d’obtenir toutes les autorisations sanitaires,ce médicament ne sera pas disponible en France avant un ou deux ans.
"Là,on peut imaginer à l'infini,poursuit-il. À partir du moment où on peut modifier des protéines,on peut avoir des esprits créatifs qui créent des médicaments de demain."
© Affaires Officielles